Ce document met l'accent sur les Hawaweer, un groupe de pastoralistes nomades qui habitent le Nord du Soudan. Le Hawaweers ont été forcés de migrer dans le milieu des années quatre-vingt en raison de la sécheresse et de la faim. Les Hawaweer ont été sélectionnés pour l'étude principalement en raison d'un processus de retour plutôt réussi fournissant des preuves empiriques que le retour et le développement post-famine sont possibles si suffisamment de ressources et de leadership sont disponibles. Toutefois, le retour réussi de populations qui ont été contraintes une fois à émigrer ne devrait pas être compris comme la preuve que le retour est toujours la meilleure solution. Le droit à rester où les migrants forcés se sont installés peut-être aussi important que le droit de revenir dans son pays d'origine. L’expérience des Hawaweer permet également de mieux comprendre ce que sont la migration forcée et la migration volontaire. La migration fait partie des moyens de subsistance de beaucoup de populations. Mais ce qui semble normal pour certains pourrait être perçu comme forcé par d'autres au sein d’un même groupe et d’une même situation. L’expérience des Hawaweer donne aussi l'opportunité de remettre en question le terme de " réfugiés environnementaux" et d'illustrer pourquoi les facteurs environnementaux ne peuvent pas être évalués indépendamment d’un contexte politique et socio-économique plus large. Le document aborde également les actions des individus lorsque les anciennes stratégies d'adaptation des ménages ont été épuisées et la manière dont les nouvelles voies de diversification des moyens de subsistance peuvent contribuer à la préparation aux catastrophes et à la diminution de la vulnérabilité. Il examine également l'impact de la migration forcée sur les processus de changement, la modernisation et le développement de long terme.
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